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Des ateliers pour chercher

C'est en relation avec notre projet de recherche autour de la transdisciplinarité parole-mouvement que nous proposons cette année à Poitiers une série d'ateliers amateurs ouverts à tous les ados et les adultes volontaires. Ce lundi 11 décembre a eu lieu la deuxième séance de ce cycle, réunissant un groupe mêlant principalement des personnes déjà présentes à l'atelier de septembre, et quelques nouvelles têtes. En travaillant à partir de chansons, aussi bien pour leur phrasé musical que pour le sens de leurs paroles, nous avons pu nous placer dans une optique de recherche pareille à celle que nous pouvons adopter lors de nos sessions de laboratoire.



En effet, très vite, la principale difficulté qui se pose pour l'interprète, qu'iel soit amateur·e ou pro, c'est la saturation de ce à quoi prêter attention dans le travail, entre les chemins corporels et l'adresse du texte. Dans le cas des chansons, par exemple, il s'est agi de cumuler un enchainement de mouvements écrits à partir du phrasé de la musique et des paroles pour le coup le plus détachées possible de leur scansion chantée. Se creuse ainsi une distance, entre un corps encore investi du rythme propre à la chanson, et un texte qui y tourne le dos pour mieux être parlé et adressé aux présent·es.

Plus encore, on peut dire que c'est ce décalage qui est porteur de sens pour nous. C'est cet écart qui crée une étrangeté à même d'éclairer sous un jour nouveau le matériau source de la chanson, et de faire exister, surtout, le locuteur ou la locutrice, sur scène, qui se le réapproprie. L'interprète apparait comme traversé·e par ce qu'iel énonce et ce qu'iel actionne, mais dans toute sa subjectivité, c'est-à-dire en faisant apparaitre la manière dont tout cela le ou la traverse. Des chansons connues comme Belles, belles, belles, Aux champs élysées ou Désenchantée, nous étaient ainsi données à redécouvrir non pas seulement, par exemple, dans ce qu'elles racontent, mais dans ce qu'elles pouvaient représenter pour la personne qui s'en emparait.


Cela confirme nos intuitions de recherche autour de la transdisciplinarité comme voie pour questionner "l'incorporation des symboles" autant que "l'incorporation par les symboles", comme les distingue Wilfried Lignier dans son essai très très éclairant La société est en nous publié cette année auxéditions du Seuil. (Il désigne par là la manière dont des formes culturelles d'une part s'imprègnent en nous, et d'autre part en viennent à nous imprégner des dispositions dont elles sont porteuses).

Cependant, cela confirme également la nécessité de se doter d'outils de travail pour rendre cet écart, cette saturation, pratiquable par les interprètes, à même de provoquer du jeu, et pas de l'étouffer. Ça tombe bien, c'est tout l'objet de notre démarche de laboratoires, dont la prochaine étape va nous amener à Paris avec les élèves de la promotion 2023-2026 de l'ESAD/PSPBB pour un chantier de recherche qui devrait accompagner l'ensemble de leur scolarité.

Côté atelier, c'est le 12 février au TAP que nous vous donnons rdv pour une séance consacrée aux idoles et aux personnes qui nous ont marquées.


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